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Base de sous-marins de Lorient

October 7, 2018

  Après notre week-end à Pont-Aven, nous avons repris la mer en direction de Lorient.

  Lise devant aller donner cours à Rennes, il est plus facile de trouver un moyen de transport au départ d'une grande ville. Et puis ce sera l'occasion de prendre du temps pour visiter la base des sous-marins construite par les allemands pendant la dernière guerre mondiale.

 

  

  La ville de Lorient a joué un rôle stratégique dans la Bataille de l’Atlantique lors de la Seconde Guerre mondiale. En juin 1940, la guerre s’abat sur Lorient. Pour que les U-Boote de la Marine allemande soient plus rapidement opérationnels dans l’Atlantique, l’Amiral Dönitz, commandant en chef des sous-marins allemands, décide, dès 1940, de les baser dans les ports français et notamment celui de Lorient.

  Très rapidement, l’Allemagne engage la construction d’une base sous-marine sur une superficie de 26 hectares. La construction de la base de sous-marins de Keroman nécessite la participation de 15 000 ouvriers.

  Trois blocs aux dimensions impressionnantes sont construits et nommés successivement KI, KII, KIII. Ils verront passer près de 203 U-Boote (nom des sous-marins allemands).

  À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Marine française décide d’utiliser la Base de Sous-Marins de Lorient.

  En février 1997, le ministère de la défense abandonne le site qui sera transformé afin d'accueillir un pôle nautique d'exception consacré à la préparation des bateaux de compétition. On y trouve aussi diverses entreprises gravitant autour du nautisme comme un port à sec ou encore l'entreprise LORIMA qui fabrique des mâts pour les bateaux.

 

 

 

 

  Nous commençons la visite pour l'impressionnant Bunker K3, le dernier né sur le site de Keroman.

 

  Après avoir franchi une porte d'acier de 20 tonnes, nous pénétrons dans "l'avenue" qui relie chaque alvéole du bunker.

  En effet chacun des trois bunker est bâti sur le même modèle. À savoir une alvéole type dont on multiplie le nombre en fonction des besoins. Tout est standardisé ce qui facilite la construction à grande échelle. Chaque alvéole est constituée par le bassin de mise à l'eau des U-Boote, séparé d'un bloc technique avec bureaux, stockage, etc, par une "avenue" transversale qui relie les alvéoles entre elles.

  Le plus impressionnant reste la visite du toit du bunker ! Un double toit de plus de 7m d'épaisseur en béton armé recouvert d'un double-toit réalisé par des poutrelles de bétons dont le rôle était d'amortir les explosions des bombes larguées par les alliés en limitant la propagation de l'onde de choc aux murs du bâtiment.

  Tellement efficace que cette base de sous-marins de Keroman va résister aux bombes les plus puissantes de l'époque qui n'arriveront même pas à percer l'épaisseur de ce toit.
  La présence de cette base réputée indestructible vaut à Lorient d'être soumise à d'intenses bombardements de l'aviation alliée, qui transforment la ville en vaste champ de ruines.

 

  A la sortie du K3 nous passons devant l'objet de notre prochaine visite : le Flore !

  Cinquième de la série des sous-marins à hautes performances de type Daphné, le sous-marin Flore-S645 fut lancé le 21 décembre 1960. En service de 1964 à 1989, il pèse 800 tonnes, mesure 57,85 m de long par 6,7 m de large et a été très actif durant la guerre froide.

 Il a parcouru l'équivalent de quinze fois le tour de la Terre, dont 41 000 heures en plongée, soit près de 5 ans. Il a effectué sa dernière plongée en 1989 en Méditerranée avant de regagner Lorient et fut mis à sec sur slipway en 1995.

 

 

 

  Le slipway est une sorte de chariot sur rail qui permettait de transporter le sous-marin de son alvéole de stockage jusqu'à la cale de mise à l'eau. En effet le bâtiment du K2 n'a aucun accès à la mer, les sous-marins y sont stockés à sec afin de réaliser la maintenance avant d'être remis à l'eau. Le temps de l'opération de transfert du sous-marin, qui se faisait donc à découvert, avait été calculé par les allemands sur le temps de réactivité de l'aviation britannique.

  Cette dernière, informée de la sortie de l'eau d'un sous-marin, mettait plus d'1h30 pour venir d'Angleterre et le bombarder. Les allemands ont donc organisé un système de transfert qui mettait moins d'1h30 au total entre la sortie de l'eau, la mise sur le slipway et l'entrée dans l'alvéole...mettant donc le sous-marin à l'abri des bombes alliées !

 

  Équipés d'audio-guides, nous parcourons les entrailles du Flore de la salle des torpilles aux bannettes en passant par le central opération et la salle des moteurs.

  Impressionnant d'imaginer la vie d'un équipage d'une cinquantaine d'hommes se relayant 24h/24h pour des missions de 30 jours dans un univers surchauffé par les deux moteurs diesels (50 degré au cœur de la salle des machines), dans une promiscuité extrême où l'on pratique la "bannette chaude" (celui qui se couche prend la couchette de celui qui se lève !), etc.

  Sur la dernière photo on devine une peluche d'un chien qui symbolise la mascotte qui était emmenée systématiquement à bord par l'équipage. En dehors du rapport affectif avec les matelots, son rôle était de prévenir l'équipage sur les éventuelles fuites de gaz et l'augmentation du taux de monoxyde de carbone que l'habitacle...

 

 

 

  Le musée qui accompagne Le Flore, situé dans l'une des alvéole du K2, nous permet d'approfondir nos connaissances sur le mode opérationnel des sous-mariniers mais aussi d'appréhender les enjeux stratégiques de la ville de Lorient au cœur du dispositif du mur de l'Atlantique.

  Enfin nous assistons à une projection d'un son et lumière, à la mise en scène particulièrement bien faite, sur les murs du fond de l'alvéole. Il nous permet de comprendre les affrontements technologiques, idéologiques et militaires du XXème siècle de la 2ème Guerre Mondiale à nos jours en passant par la Guerre Froide. Passionnant !

 

 

   A la fin de la visite il est temps pour Lise de récupérer sa voiture de location pour prendre la route vers Rennes.

  Les enfants et moi rentrons au bateau pour la nuit mais demain matin nous mettrons les voiles en direction de l'île de Groix pour y passer les quelques jours qui nous séparent du retour de Lise.

 

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